À l’occasion de la projection du documentaire La Part des Autres,le mardi 26 mai, citoyen·nes, associations, producteur·ices et acteur·ices locaux se sont réuni·es pour échanger autour d’une question essentielle : comment permettre à chacun·e d’avoir accès à une alimentation de qualité, choisie et durable ?
Le film donne la parole à des personnes en situation de précarité, à des paysan·nes, des chercheur·euses et des structures engagées afin de questionner notre système alimentaire actuel… mais aussi de mettre en lumière les nombreuses alternatives qui existent déjà.
Une alimentation de qualité… mais pour qui ?
Le documentaire rappelle une réalité frappante : aujourd’hui, bien manger reste encore trop souvent un privilège. Derrière les rayons des supermarchés et les prix cassés se cachent des inégalités profondes, aussi bien pour les consommateur·ices que pour les producteur·ices.
Murielle, du réseau des AMAP, a notamment partagé un chiffre marquant : sur 100 € dépensés pour l’alimentation, seulement 7 € reviennent aux agriculteurs. Un constat qui interroge la répartition de la valeur dans notre système alimentaire.
De son côté, Gilles, bénévole à la Chouette Coop, a rappelé les conclusions d’un rapport d’enquête sénatorial : une grande partie de la valeur est aujourd’hui captée par la distribution, dominée par quelques centrales d’achat. Une situation qui éloigne toujours davantage les mangeur·euses des producteur·ices.
Créer du lien plutôt que de la compétition
Au fil des échanges, un même constat est revenu : la nécessité de recréer du lien.
Pour Arnaud, de Partageons les Jardins, ce qui choque avant tout, c’est « la compétition entre les acteurs au lieu de créer du collectif ». Anaïs, de Cocagne Alimentaire, a également insisté sur l’importance de reconnecter les lieux de production solidaires avec les mangeur·euses accompagnés dans les structures sociales.
Au-delà de l’accès à la nourriture, les intervenant·es ont souligné un enjeu fondamental : lutter contre l’isolement et recréer du lien social autour de l’alimentation.
Des initiatives locales qui montrent qu’un autre modèle est possible
Le débat a aussi permis de découvrir une grande diversité d’initiatives concrètes présentes sur le territoire :
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des AMAP et réseaux d’agriculture paysanne,
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des épiceries solidaires,
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des groupements d’achats citoyens,
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des supermarchés coopératifs,
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des tiers-lieux favorisant les rencontres entre acteur·ices,
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ou encore des projets inspirés de la Sécurité sociale de l’alimentation.
Florian, épicier indépendant chez Ultramarinos Ana, a partagé son expérience : proposer des produits de qualité à des prix accessibles tout en reversant près de 70 % aux producteurs. Une autre manière de penser le commerce alimentaire.
Julie et Edith, de Caissalim, ont quant à elles présenté des expérimentations permettant aux habitant·es de bénéficier d’un budget dédié à l’achat de produits conventionnés dans des commerces partenaires.
Repenser collectivement notre système alimentaire
Les échanges ont également soulevé des questions plus larges :
Quel doit être le rôle de l’État dans ces projets ? Comment passer d’initiatives locales à des modèles capables de changer d’échelle ? Comment construire un véritable rapport de force pour transformer durablement notre système alimentaire ?
Pour Mehdi, du réseau VRAC, les projets fonctionnent surtout lorsqu’ils partent des citoyen·nes eux-mêmes : « c’est quand le pouvoir vient des habitants que cela marche le mieux ».
Eden, tiers-lieu du nord toulousain, a permet de créer des synergies entre les structures afin de mutualiser les forces et faire émerger des solutions plus ambitieuses.
Une soirée riche en échanges et en perspectives
Cette soirée a mis en lumière une conviction commune : des alternatives existent déjà. Partout, des associations, coopératives, producteurs et citoyen·nes expérimentent de nouvelles façons de produire, distribuer et consommer une alimentation plus juste et plus durable.
Autant d’initiatives qui montrent qu’il est possible de :
✔ lutter contre la précarité alimentaire sans stigmatiser
✔ soutenir une agriculture locale et respectueuse du vivant
✔ construire une alimentation de qualité accessible à toutes et tous
Une chose est sûre : face aux défis sociaux et écologiques actuels, la question de l’alimentation mérite plus que jamais d’être pensée collectivement.

